Ce que j'observe en tant que membre de jury — et ce que la préparation à l'oral devrait vraiment travailler
La préparation pour l'épreuve orale est indispensable pour avoir de réelle chance de réussite au concours. Mais attention, par n'importe quelle préparation. Trop vague, trop généraliste, mal ciblée, la préparation risque de se transformer en handicap le jour de l'épreuve.
MINDSETCOACHING
Ghislain Montailler
9/19/20262 min read


Ce que j'observe en tant que membre de jury — et ce que la préparation à l'oral devrait vraiment travailler
Participer à un jury de concours change le regard qu'on porte sur la préparation des candidats. On ne juge plus seulement une prestation isolée : on voit se répéter, session après session, les mêmes manques — et surtout les mêmes angles morts dans la façon dont les candidats ont été préparés.
Le premier constat est celui de la culture administrative et technique. Beaucoup de candidats connaissent leur parcours par cœur, savent parler d'eux avec aisance, mais peinent dès qu'une question touche au cadre réglementaire concret de leur futur poste — un texte, une procédure, une articulation institutionnelle. Ce n'est pas un détail : un officier raisonne dans un cadre, et l'ignorer fragilise toute la crédibilité de la candidature.
Le second constat, plus structurel encore, porte sur le discernement et la prise de décision. Beaucoup de candidats savent réciter une méthode — un triptyque, une grille d'analyse — mais se retrouvent démunis dès qu'une situation exige un vrai arbitrage, dans l'incertitude, sans réponse toute faite. Or c'est précisément ce que le grade visé exigera d'eux : trancher, assumer, parfois se tromper et le reconnaître.
Ce double constat m'amène à une réflexion sur l'offre de préparation elle-même. Une partie des formations disponibles aujourd'hui sont conçues et animées par des profils au parcours indéniablement solide — officiers supérieurs, responsables RH — mais avec une approche que je qualifierais de "qui peut le plus peut le moins" : on prépare le candidat à tout, de façon générale et englobante, en misant sur l'idée qu'une préparation large et exigeante couvrira nécessairement les besoins spécifiques de l'oral.
Le problème, c'est que cette logique ne correspond pas toujours à ce que le jury évalue réellement. Une préparation trop généraliste peut décourager des candidats qui se retrouvent noyés sous des exigences disproportionnées par rapport à l'épreuve réelle, ou au contraire les envoyer sur des pistes de travail qui ne sont pas celles qui feront la différence le jour J — trop de récitation, pas assez d'entraînement au raisonnement en situation d'incertitude.
Ma conviction, après cette expérience de jury, est qu'une bonne préparation à l'oral doit être spécifique à l'épreuve, pas une déclinaison d'une formation managériale généraliste. Elle doit travailler frontalement ce qui coince réellement : la maîtrise du cadre réglementaire appliqué à des situations concrètes, et surtout la capacité à décider et à assumer une décision sans filet — parce que c'est exactement ce qu'on demandera au candidat une fois le grade obtenu.
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