Réussir le concours, c'est une chose. Réussir sa prise de poste, c'en est une autre.

On te forme remarquablement bien pour réussir les concours. On te donne toutes les connaissances réglementaires, techniques, administratives. C'est essentiel. Mais personne ne t'apprend vraiment à prendre un poste, à construire ton leadership, à gérer les complexités humaines, à trouver ta place dans un système déjà établi. Le coaching comble ce vide. Il ne remplace pas la formation, il la complète. Il ne te dit pas quoi faire, il t'aide à trouver comment le faire à ta manière, de façon cohérente avec qui tu es.

COACHING

Ghislain Montailler

2/5/20267 min read

Réussir le concours, c'est une chose. Réussir sa prise de poste, c'en est une autre.

La réalité derrière la réussite

Tu viens de décrocher ton concours de lieutenant ou de capitaine. Des mois de préparation intensive, des centaines d'heures de révision, le stress des épreuves, et enfin la joie indescriptible de voir ton nom sur la liste des admis. Félicitations, sincèrement. Tu fais partie des quelques pourcents qui y sont arrivés.

Mais voilà, quelques semaines ou quelques mois plus tard, tu te retrouves dans ton nouveau bureau, face à ton nouvel organigramme, avec tes nouvelles responsabilités. Et là, une question te traverse l'esprit : "Et maintenant, je fais quoi concrètement ?"

Après trente ans comme sapeur-pompier professionnel et des années à préparer des candidats aux concours via C2FPC, j'ai accompagné des centaines d'officiers dans leur parcours. Et j'ai observé un paradoxe frappant : ceux qui réussissent brillamment les concours ne sont pas toujours ceux qui réussissent le mieux leur prise de poste. Pourquoi ? Parce que ce sont deux exercices complètement différents.

Le fossé entre la théorie et le terrain

Le concours évalue ta connaissance du cadre réglementaire, ta culture administrative, ta capacité à analyser des situations sur le papier. C'est indispensable, bien sûr. Mais une fois en poste, tu découvres rapidement que personne ne t'a vraiment préparé à certaines réalités.

Comment gérer cet adjudant-chef qui a vingt ans de métier de plus que toi et qui te regarde avec un mélange de scepticisme et d'attente ? Comment trouver ta place dans un service où les équilibres sont déjà établis depuis des années ? Comment affirmer ton autorité sans tomber dans l'autoritarisme ? Comment gérer la pression du premier commandement opérationnel important, quand tu sais que toutes les décisions sont scrutées ?

Je me souviens de Thomas, brillant lauréat du concours de capitaine à 29 ans. Sur le papier, un parcours exemplaire. Dans la réalité de sa première prise de poste comme chef du service prévision, il m'a confié après trois mois : "Ghislain, j'ai l'impression d'être un imposteur. Je sais tout de la doctrine, mais je ne sais pas comment faire adhérer mon équipe à mes projets."

Les défis invisibles de la mobilité

La situation est similaire pour ceux qui changent de SDIS ou de service sans passer par un concours. Tu arrives avec ton expérience, ta légitimité acquise ailleurs, mais tu dois tout reconstruire. Les codes changent, la culture départementale est différente, les attentes implicites ne sont pas les mêmes.

Partir du SDIS où tu as fait toute ta carrière pour rejoindre un nouveau département, c'est comme apprendre à nouveau le métier tout en devant montrer que tu le maîtrises déjà. C'est épuisant. Et souvent solitaire.

Le coaching : pas une formation de plus, un espace pour toi

Quand je parle de coaching professionnel aux sapeurs-pompiers, je vois souvent la même réaction : "Encore une formation ? J'en sors justement." Non, le coaching n'est pas une formation. C'est même l'inverse.

En formation, quelqu'un t'apporte du contenu, des connaissances, des méthodes. C'est ce que je fais avec C2FPC pour préparer les concours. En coaching, tu es au centre. Il n'y a pas de cours magistral, pas de bonnes réponses toutes faites. Il y a un espace confidentiel où tu peux poser les vraies questions, celles que tu n'oses pas toujours formuler devant tes collègues ou ta hiérarchie.

Comment je vois ma posture de chef ? Qu'est-ce qui me freine vraiment dans cette prise de poste ? Comment je veux être perçu dans cinq ans ? Qu'est-ce que je fais de ce sentiment d'imposture qui me bouffe de l'intérieur ? Comment je gère l'équilibre entre mes ambitions professionnelles et ma vie personnelle ?

Le coaching, c'est un partenaire de réflexion qui te pose les questions qui font avancer, qui te challenge sans te juger, qui t'aide à identifier tes ressources personnelles et à construire ton propre chemin. Pas celui qu'on attend de toi, mais celui qui est cohérent avec qui tu es.

Ce que le coaching peut t'apporter concrètement

Clarifier ta posture et ton style de management. Tu n'es pas obligé de copier ton ancien chef ou de rentrer dans un moule. Le coaching t'aide à définir quel type de leader tu veux être, en fonction de tes valeurs, de ton caractère, du contexte dans lequel tu évolues. Certains seront des managers proximaux et empathiques, d'autres des stratèges visionnaires, d'autres encore des gestionnaires rigoureux. Il n'y a pas de bon ou mauvais profil, il y a ton profil.

Gérer les relations complexes et les situations tendues. Ce collègue qui te teste systématiquement en réunion. Cette hiérarchie qui te met une pression énorme sans te donner les moyens. Cet agent en souffrance que tu ne sais pas comment aider. Le coaching te donne un espace pour décortiquer ces situations, comprendre les enjeux, identifier tes leviers d'action, tester des approches nouvelles.

Construire ta légitimité sans attendre qu'on te la donne. La légitimité ne se décrète pas, elle se construit au quotidien. Mais comment ? En étant authentique, en osant montrer que tu ne sais pas tout, en créant de la confiance, en prenant des décisions assumées même si elles sont difficiles. Le coaching t'accompagne dans cette construction progressive.

Prendre du recul sur ton métier et ta carrière. Entre les gardes, les urgences opérationnelles, les réunions, la gestion administrative, tu n'as jamais le temps de lever la tête. Le coaching, c'est ce moment où tu te poses, où tu réfléchis à ta trajectoire. Où je vais ? Qu'est-ce que je veux vraiment ? Qu'est-ce qui compte pour moi ? Ces questions-là, on ne se les pose jamais assez.

L'exemple de Sarah

Sarah a réussi le concours de lieutenant après quinze ans comme sous-officier. Elle connaissait le métier sur le bout des doigts, tout le monde respectait ses compétences techniques. Mais quand elle a pris son poste de cheffe de centre, elle s'est retrouvée à manager d'anciens collègues avec qui elle avait pris des gardes pendant des années.

En coaching, on a travaillé sur sa transition de posture. Comment passer du "on" au "je". Comment fixer un cadre clair sans perdre la proximité qui faisait sa force. Comment gérer la culpabilité de devoir recadrer un ancien collègue. Comment accepter que certains ne comprendraient pas sa nouvelle position.

Six mois plus tard, elle m'a dit : "Le coaching m'a permis de comprendre que je n'avais pas à m'excuser d'avoir évolué. J'ai appris à assumer ma nouvelle place, sans renier d'où je viens. Et paradoxalement, c'est en l'assumant pleinement que mes relations avec l'équipe se sont apaisées."

Pourquoi un coach qui connaît le métier change tout

Il existe d'excellents coachs professionnels, certifiés, compétents. Mais quand tu parles de ta première montée en binôme sur un départ feu, de la pression d'un exercice ORSEC, des enjeux d'une astreinte commandement, ou des tensions entre prévision et opérations, est-ce que ton coach comprend vraiment de quoi tu parles ?

Ma double casquette de capitaine en activité et de coach me permet de comprendre tes enjeux de l'intérieur. Je sais ce que c'est de gérer une équipe de sapeurs-pompiers. Je connais la culture du métier, ses non-dits, ses codes, ses fiertés et ses difficultés. Quand tu me parles, tu n'as pas besoin de tout expliquer. On gagne du temps, on va plus vite au cœur des sujets.

Et en même temps, ma formation de coach m'oblige à ne pas plaquer mes solutions sur tes problèmes. Je ne suis pas là pour te dire "Moi à ta place, je ferais comme ça." Je suis là pour t'aider à trouver ta propre voie.

Coaching et mobilité : réussir son atterrissage

Si tu changes de SDIS, tu sais que les six premiers mois sont déterminants. C'est là que tu construis ta réputation, que tu identifies les alliés et les résistances, que tu poses les bases de ton action future.

Le coaching peut t'accompagner dans cette phase critique. Comprendre la culture du nouveau département. Identifier rapidement les acteurs clés. Construire ta stratégie d'intégration. Gérer le syndrome de l'étranger qui doit faire ses preuves. Préserver ton équilibre personnel alors que tout est nouveau et que la pression est forte.

C'est particulièrement vrai si tu prends des responsabilités importantes dans un contexte que tu ne connais pas. Chef de centre dans un SDIS que tu découvres, c'est un double défi : apprendre les rouages tout en étant attendu comme un cadre expérimenté.

Par où commencer ?

Le coaching n'est pas réservé à ceux qui vont mal ou qui sont en difficulté. C'est au contraire un outil de développement pour ceux qui veulent maximiser leurs chances de réussir leur transition professionnelle.

Tu peux commencer par une séance découverte, un moment d'échange où on fait connaissance, où tu exprimes tes enjeux, où on voit ensemble si le coaching peut t'apporter quelque chose. Sans engagement, juste pour explorer.

Ensuite, si ça fait sens pour toi, on construit un parcours adapté à ta situation. Quelques séances ciblées sur ta prise de poste, un accompagnement plus long sur plusieurs mois pour structurer ton management, ou simplement un espace de réflexion ponctuel quand tu en ressens le besoin.

Réussir sa prise de poste, c'est un métier

On te forme remarquablement bien pour réussir les concours. On te donne toutes les connaissances réglementaires, techniques, administratives. C'est essentiel. Mais personne ne t'apprend vraiment à prendre un poste, à construire ton leadership, à gérer les complexités humaines, à trouver ta place dans un système déjà établi.

Le coaching comble ce vide. Il ne remplace pas la formation, il la complète. Il ne te dit pas quoi faire, il t'aide à trouver comment le faire à ta manière, de façon cohérente avec qui tu es.

Après trente ans dans ce métier, je suis convaincu d'une chose : les meilleurs officiers ne sont pas forcément ceux qui ont eu les meilleures notes aux concours. Ce sont ceux qui ont su construire leur propre style de management, qui ont eu le courage de se poser les bonnes questions, qui ont accepté de ne pas avoir toutes les réponses et qui ont cherché les ressources pour progresser.

Le coaching, c'est une de ces ressources. Peut-être celle qui te manque pour transformer ta réussite au concours en réussite durable dans tes nouvelles fonctions.

Ghislain Montailler
Capitaine de sapeurs-pompiers professionnels
Coach
Fondateur de C2FPC - Centre de Formation de Préparation aux Concours

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